Entre obéissance absolue et liberté universelle : comment Locke fonde-t-il l'autorité politique — et quelles limites lui impose-t-il ?
La liberté consiste à pouvoir disposer librement de sa propre personne, sur laquelle nul autre homme n'a de pouvoir. Les hommes sont dotés de raison, qui doit servir leurs intérêts vitaux.
L'égalité s'explique par la situation commune à tous les hommes au sein de la création. Chaque homme, doté des mêmes facultés, détient le même pouvoir que tous les autres.
Alors que Hobbes voit la liberté et l'égalité comme une source de conflit (guerre de tous contre tous), Locke les considère comme le fondement de la raison et de la coopération — l'homme n'est pas mauvais par nature.
Le droit naturel (droit naturel / Naturrecht) englobe l'ensemble des règles normatives considérées comme universelles et immuables. Ces règles reflètent la nature de l'homme.
La loi naturelle est universelle et indépendante des conventions — elle est inscrite dans la raison et s'applique à tous les hommes en tout temps.
Le droit naturel est le droit de propriété et sa défense. Par propriété, Locke entend la personne elle-même et tout ce qu'elle peut produire — corps, vie, liberté.
« Par propriété, Locke entend la personne elle-même et tout ce qu'elle peut produire et qui fait partie de sa vie. »
Chez Hobbes, l'homme à l'état de nature a un droit sur tout. Chez Locke, il a un droit spécifique sur sa propriété — c'est le fondement qui fonde et limite l'État.
« Car, tous les hommes étant Rois, tous étant égaux et la plupart peu exacts observateurs de l'équité et de la justice, la jouissance d'un bien propre, dans cet état, est mal assurée… »
Puisque tous les hommes sont égaux et que personne n'est au-dessus des autres, le droit de propriété n'est pas garanti. Chacun est à la fois juge et partie.
L'homme se soumet à une autorité pour garantir la propriété privée. Le droit de propriété est un droit naturel fondamental.
Ce n'est pas la peur (comme chez Hobbes), mais l'intérêt rationnel pour la protection de la propriété qui pousse l'homme à conclure le contrat social. L'État naît de la raison, non du désespoir.
Propose et adopte les lois. Ex. : Parlement, Assemblée nationale.
Juge les violations des lois. Ex. : tribunaux, cours de justice.
Applique les lois. Ex. : gouvernement, administration.
Le droit originel de défendre sa propre propriété est la source du pouvoir législatif et exécutif. Les citoyens transfèrent ce droit à l'État.
À l'état de nature, aucune loi ne peut être légitimée et ratifiée. Il manque un fondement juridique universellement reconnu.
Chacun a le pouvoir de punir les autres — puisque chacun est juge, il n'existe aucun jugement neutre.
Sans gouvernement, personne ne peut faire respecter les lois. Les droits existent sur le papier, mais pas dans la réalité.
Le droit originel de défendre sa propre existence est la source commune du pouvoir législatif et exécutif — l'État en est la forme institutionnalisée.
Le contractualisme est une doctrine philosophique selon laquelle l'origine de la société et de l'État repose sur un contrat entre les hommes. Chez Locke, c'est la protection de la propriété qui motive la conclusion de ce contrat.
Le contrat social se distingue du contrat de gouvernement :
Le contractualisme remplace l'acceptation aveugle de l'autorité absolue par un modèle où l'autorité naît d'un accord — et peut donc aussi être révoquée.
Le contrat social est un échange rationnel : on abandonne des droits naturels qui, à l'état de nature, ne sont de toute façon pas assurés — et on reçoit en retour des droits institutionnellement garantis.
Système dans lequel le souverain est au-dessus des lois et les sujets disposent de très peu de droits.
Système dans lequel le pouvoir du gouvernement est limité et la liberté des citoyens est aussi grande que possible.
Le souverain est un fonctionnaire — il est lui aussi soumis aux lois.
Le peuple délègue l'autorité — il ne l'abandonne pas (cf. Hobbes).
Les individus ne peuvent jamais aliéner entièrement leur liberté.
Locke ne craint pas l'anarchie — il craint le pouvoir arbitraire d'un souverain. L'ennemi de la liberté n'est pas le chaos, mais l'autorité incontrôlée.
Si le souverain ne remplit pas ses fonctions, le peuple a le droit de résilier le contrat social et de contester l'autorité étatique.
Le citoyen a le droit de rejeter publiquement et consciemment une autorité jugée injuste — la désobéissance civile comme instrument politique.
Exemples historiques
La place Tiananmen (1989), la Révolution anglaise — des moments où les citoyens ont revendiqué le droit de résistance face au pouvoir injuste.
L'homme est par nature libre et égal. La raison le guide — non la peur.
Le droit naturel fondamental est le droit de propriété — corps, vie, biens. Il fonde l'État.
L'État naît d'un consentement libre — non d'une soumission. L'autorité est déléguée, non cédée.
Le souverain est un fonctionnaire. S'il rompt le contrat, le peuple a le droit de résistance.