Philosophia

Introduction à la logique des propositions

1. Introduction et définition

La logique est la science qui enseigne à raisonner juste. Il s’agit d’une science formelle dépourvue de contenu, qui a pour objectif de mettre à jour les opérations de la pensée et d’établir les règles auxquelles elles doivent obéir. Autrement dit, c’est l’étude des méthodes et des principes utilisés pour distinguer le raisonnement valide du raisonnement non-valide.

L’étymologie montre que le mot « logique » dérive du terme grec logikós (de logos, « raison »). Aristote est considéré comme le père de la logique formelle, dont les principes sont encore valables à ce jour. Dans son œuvre Organon (« outil » en grec ancien) Aristote expose de manière systématique les formes de la pensée. La logique est donc un outil qui nous permet de démontrer la validité d’un raisonnement.

1.1. La proposition

Notre langage et nos expressions linguistiques nous permettent d’exprimer nos pensées et nos raisonnements. Le langage est donc basé sur des structures logiques. Ainsi nous pouvons distinguer :

Ce type d’énoncé possède une caractéristique que ne possèdent pas les énoncés précédents : il peut être vrai ou faux ! On appellera un tel énoncé une proposition.

Exercice: Soulignez les propositions

Cliquez sur les énoncés qui sont des propositions (ceux qui peuvent être vrais ou faux), puis vérifiez vos réponses.

1.2. L’argument et le raisonnement (voir Collegium Logicum p.10–13)

Les arguments sont les points clés de l’activité philosophique. Les positions philosophiques doivent être soutenues par des arguments. Mais argumenter ne signifie pas « disputer » ou « quereller », argumenter signifie au sens le plus large éclairer, soutenir ou exposer des raisons pour une position ou une conviction. Ces raisons doivent être raisonnables et plausibles. On parle alors d’un raisonnement.

Raisonner c’est tirer une proposition nouvelle d’une ou de plusieurs propositions déjà admises. Le raisonnement le plus simple est le syllogisme.

1.3. Les composantes d’un raisonnement

Les hommes
=
Mortels
Socrate
=
Un homme
Socrate
=
À déduire

Choisissez l’icône qui complète correctement la troisième équation :

Afficher la correction
  1. Tous les hommes sont mortels.
  2. Socrate est un homme.
  3. Donc, Socrate est mortel.

1.3.1. Les prémisses

Du latin « praemissa », ce qui est avancé en support à une conclusion. Il s’agit de ce à partir de quoi on argumente, c’est-à-dire des suppositions à partir lesquelles on peut déduire la conclusion.

Exemple :

Remettez les phrases dans le bon ordre : les prémisses d’abord, la conclusion en dernier.

  1. Donc, Hume est sceptique.
  2. Tous les empiristes sont sceptiques.
  3. Hume est un empiriste.

1.4. Valide (gültig) et vrai (wahr)

La logique est une science formelle qui ne s’intéresse pas au contenu des raisonnements mais à leur forme. Le travail du logicien consiste à s’intéresser à l’aspect formel du raisonnement et donc à sa validité. Il n’est pas de son ressort de déterminer si les prémisses sont vraies ou non. Il faut donc distinguer validité et vérité.

Exemples :
Certains philosophes sont des femmes.
Certaines femmes regardent la télé.
Donc : Certains philosophes regardent la télé.
3 × vrai, mais non-valide
Tous les philosophes aiment nager.
Tous ceux qui aiment nager apprécient Kant.
Donc : Tous les philosophes apprécient Kant.
3 × faux, mais valide

Un argument est valide (déductivement), si la conclusion découle logiquement des prémisses, c’est-à-dire la vérité de la conclusion découle nécessairement de la vérité des prémisses. En d’autres termes : si un argument est valide, il serait déraisonnable (logiquement impossible) d’accepter les prémisses et de rejeter la conclusion.

Exercice :

Pour chaque argument, cliquez sur « Valide » ou « Non-valide », puis vérifiez vos réponses.

ValideNon-valide
Toutes les bicyclettes sont vertes. Carlo est une bicyclette. Donc, Carlo est vert.
Si j’étudie, je passe l’examen. Je n’ai pas passé l’examen. Donc, je n’ai pas étudié.
Einige Menschen sind Brilenträger. Harry Potter ist ein Mensch. Also ist Harry Potter ein Brillenträger.
Kant est un philosophe. Les philosophes sont raisonnables. Donc, Kant est raisonnable.
Alle Philosophen sind intelligent. Habermas ist intelligent. Also ist Habermas ein Philosoph.
Tous les chats ont des puces. Jerry n’a pas de puces. Donc, Jerry n’est pas un chat.
Si p, alors q. P est vrai. Donc q est vrai.
Si p, alors q. Q est vrai. Donc p est vrai.
Si p, alors q. Q n’est pas vrai. Donc p n’est pas vrai.

1.5. La symbolisation des propositions

La logique ne s’intéresse pas à la vérité des prémisses, mais à la validité de la déduction de la conclusion à partir des prémisses. Afin de simplifier la vérification, les propositions simples ou élémentaires sont symbolisées par des symboles.

Exemples
Langage naturelOpérateur logiqueSymboleTranscription
Le ciel est gris et il pleut.Conjonction∧P ∧ Q
Le ciel est gris ou il fait beau.Disjonction∨P ∨ Q
S’il fait beau, alors je sors avec mes copains.Implication→P → Q
Être de mauvaise humeur est équivalent à être grincheux.Équivalence↔︎P ↔︎ Q
…, donc je suis heureuxConclusion⊢⊢ P
Exemple :

Cliquez sur les boutons pour repérer les propositions et les opérateurs de la phrase.

S’il fait beau et je n’ai pas des devoirs à faire, alors je sors avec mes amis.

Lexique
P =
Q =
R =
Transcription

(  ∧  ) →

Exercice :

Transcrivez chaque phrase en formule logique avec P et Q. Cliquez ou touchez une case : le clavier logique apparaît en bas de l’écran (lettres, opérateurs, parenthèses). Pour nier, sélectionnez avec les flèches ◀︎ ▶︎ puis cliquez sur le bouton « nier » : la barre se trace au-dessus.

Es gibt Ideen, die unabhängig von der Wahrnehmung existieren.

L’homme n’est pas libre par nature.

Sokrates hat einen Bart und Sokrates ist ein Mensch.

Ou bien l’homme est libre ou bien les déterministes ont raison.

Wenn der Mensch frei ist, dann stimmt die philosophische Theorie von Sartre.

Si et seulement si j’étais adulte, je trouverais mon bonheur.