Question clé 1 : L’argent rend-il les hommes heureux ?
Chacune des choses dont nous sommes propriétaires est susceptible de deux usages différents : l’un comme l’autre appartiennent à la chose en tant que telle, mais ne lui appartiennent pas en tant que telle de la même manière. L’un est l’usage propre de la chose, et l’autre est étranger à son usage propre. Par exemple, une chaussure a deux usages : l’un consiste à la porter et l’autre à en faire un objet d’échange : l’un et l’autre sont bien des modes d’utilisation de la chaussure, car même celui qui échange une chaussure avec un acheteur qui en a besoin, contre de la monnaie ou de la nourriture, utilise la chaussure en tant que chaussure, mais il ne s’agit pas là toutefois de l’usage propre, car ce n’est pas en vue d’un échange que la chaussure a été faite.
Expliquez quels sont les « deux usages différents » d’une chaussure (ou d’un objet analogue) dont parle Aristote ici.
Aristote distingue deux manières de se servir d’une même chose, ici une chaussure :
La distinction vaut pour tout objet que l’on possède. Un manteau, par exemple, sert d’abord à se vêtir (usage propre), mais on peut aussi le vendre (usage d’échange).
Mais, comme nous l’avons dit, l’art d’acquérir la richesse est de deux espèces : l’une est sa forme mercantile, et l’autre une dépendance de l’économie domestique ; cette dernière forme est nécessaire et louable, tandis que l’autre repose sur l’échange et donne prise à de justes critiques (car elle n’a rien de naturel, elle est le résultat d’échanges réciproques) : dans ces conditions, ce qu’on déteste avec le plus de raison, c’est la pratique du prêt à intérêt, parce que le gain qu’on en retire provient de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin qui a présidé à sa création. Car la monnaie a été inventée en vue de l’échange, tandis que l’intérêt multiplie la quantité de monnaie elle-même. C’est même là l’origine du terme intérêt : car les êtres engendrés ressemblent à leurs parents, et l’intérêt est une monnaie née d’une monnaie. Par conséquent, cette dernière façon de gagner de l’argent est de toutes la plus contraire à la nature.
À quelle conclusion arrive Aristote ?
Aristote conclut que le prêt à intérêt est, de toutes les façons de gagner de l’argent, la plus contraire à la nature : c’est celle que l’on déteste avec le plus de raison.
Son raisonnement :
Chez Aristote, la chrématistique (du grec khrêmatistikê, « art d’acquérir des richesses »), désigne l’art ou la pratique d’acquérir des biens ou de l’argent. Mais Aristote en distingue deux formes très différentes, et c’est cette distinction qui est centrale dans sa pensée :
Il s’agit de produire ou d’échanger des biens pour subvenir aux besoins de base (nourriture, vêtements, logement). Par exemple, un agriculteur qui cultive du blé pour nourrir sa famille ou un artisan qui fabrique des chaussures pour les porter. Cet art est limité, car il répond à des besoins réels et concrets.
C’est l’accumulation d’argent pour l’argent, sans limite, comme le commerce ou le prêt à intérêt. Aristote critique cette forme, car elle ne sert pas à vivre mieux, mais à posséder toujours plus, ce qui est contre nature.
Aristote pense que la vraie richesse, c’est d’avoir de quoi vivre bien, pas d’accumuler sans fin. La chrématistique artificielle (l’argent pour l’argent) est dangereuse, car elle pousse les gens à vouloir toujours plus, à développer des besoins artificiels impossibles à satisfaire et mène à des inégalités et des injustices.
Aristote explique que la monnaie a été inventée pour faciliter les échanges. Avant, les gens échangeaient des biens directement (troc : du blé contre du vin). Mais la monnaie permet d’échanger plus facilement.
Certains en ont fait un but en soi, accumulant de l’argent sans se soucier de son utilité réelle. Aristote donne l’exemple du roi Midas, qui, en transformant tout en or, finit par mourir de faim : l’argent ne sert à rien si on ne peut pas s’en servir pour vivre.
Aristote déteste particulièrement le prêt à intérêt, car l’argent ne devrait pas « produire » de l’argent tout seul. La monnaie est faite pour échanger des biens, pas pour s’enrichir sans travailler. Prêter de l’argent contre des intérêts, c’est comme si l’argent avait des enfants (l’intérêt), ce qui est contre nature.
Aristote compare l’art d’acquérir à la médecine : un médecin ne crée pas la santé, il soigne ; de même, le chef de famille ou l’État ne créent pas la richesse, ils la gèrent équitablement. La nature fournit les ressources (terre, animaux), à nous de les utiliser raisonnablement.
Imaginez que l’on vous demande de choisir, une fois pour toutes et sans possibilité de revenir en arrière, entre deux vies. Cliquez sur l’option de votre choix. Si vous tentez le pari, lancez la pièce.
Pour Aristote, cette expérience met en lumière une confusion très courante : prendre l’argent pour un but, alors qu’il n’est qu’un moyen.
Dans l’expérience : l’option A garantit les moyens de bien vivre. L’option B les met en jeu pour un surplus qui, à lui seul, ne rend pas la vie meilleure : « Pile » donne de l’argent, pas une vie réussie, et « Face » détruit les conditions mêmes de la vie bonne. Reste à savoir ce qui fait vraiment une vie réussie, et c’est l’objet de la notion suivante, l’eudémonisme.
Eudémonisme vient du grec eudaimonia, qui signifie « bonheur » ou plutôt « épanouissement ». Pour Aristote, le bonheur n’est pas juste un moment de plaisir, mais un état durable qui donne un sens à toute notre vie.
Aristote pense que le but ultime de la vie humaine, c’est d’atteindre ce bonheur. Mais attention : pour lui, le bonheur ne signifie pas juste « se sentir bien » ou « avoir du plaisir », mais plutôt bien vivre, c’est-à-dire réaliser pleinement ce que l’on est en tant qu’être humain, notre « potentiel humain », en agissant de manière vertueuse et raisonnable.
Pour Aristote, la richesse doit servir à vivre bien, pas à s’enrichir sans fin. Avoir de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, c’est suffisant pour être heureux. La chrématistique naturelle est donc en accord avec l’éthique eudémoniste.
La chrématistique artificielle (accumuler pour accumuler) est critiquée, car elle détourne les gens de ce qui compte vraiment : cultiver des relations, développer ses talents, participer à la vie de la cité, etc. Aristote dit même que ceux qui ne pensent qu’à l’argent « vivent pour vivre », mais pas pour « bien vivre ».
Pour Aristote, le bonheur vient de la pratique de la vertu (la sagesse, la justice, le courage, la modération…). Or, la recherche effrénée d’argent peut pousser à des comportements contraires à la vertu (avidité, injustice, tromperie).
Imaginons deux personnes :
Elle travaille dur pour gagner assez d’argent pour nourrir sa famille, éduquer ses enfants et participer à la vie de sa communauté.
Elle passe sa vie à accumuler de l’argent, même si elle n’en a pas besoin. Elle néglige ses amis, sa famille et sa santé.
Aristote dirait que la Personne A suit la chrématistique naturelle et vit en accord avec l’éthique eudémoniste : elle est heureuse, car elle vit en accord avec ses valeurs, tandis que la Personne B suit la chrématistique artificielle et rate le vrai bonheur : elle n’est pas heureuse, car elle ne vit pas de manière équilibrée et épanouissante.
Le film montre un monde qui fonctionne comme un mécanisme qui tourne tout seul : chaînes de montage, flux de pendulaires, villes qui ressemblent à des circuits électroniques. Les êtres humains y apparaissent comme de simples rouages. C’est précisément ce que Nelson critique dans l’image « horlogère » de l’économie, où nous ne sommes que des « rouages de la machine ».
« Vie en déséquilibre » fait écho à l’image que donne Nelson d’un cœur économique qui tombe malade s’il n’est pas soigné. Ses « nécroses insidieuses », les villes et les régions laissées à l’abandon, rappellent les images de délabrement et de démolition du film.
Nelson souligne que le cœur a besoin d’énergie venue de l’extérieur et que la destruction de l’environnement rend l’économie malade. Le film montre les deux côte à côte : des paysages et des interventions humaines comme l’exploitation minière, les centrales électriques et les explosions.
Le film montre aussi l’autre image. Les flux de circulation ressemblent à un système circulatoire, et la ville apparaît comme un organisme qui perd son rythme.
Dans la pensée économique moderne, l’économie a souvent été représentée comme une machine : un système composé de mécanismes réguliers, de règles fixes et de mouvements prévisibles. Cette image suggère que l’économie fonctionne presque automatiquement, selon ses propres lois, comme une horloge bien réglée.
Chez Adam Smith, cette idée apparaît déjà au XVIIIe siècle. Dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, il explique que chacun cherche d’abord son propre intérêt : le boulanger, le boucher ou le brasseur ne travaillent pas par bonté, mais parce qu’ils y trouvent leur avantage. Pourtant, cette recherche individuelle du profit produit un ordre collectif. Les échanges, la division du travail et le marché semblent alors s’organiser presque d’eux-mêmes. L’économie ressemble à un mécanisme autorégulateur.
Chez Karl Marx, au XIXe siècle, l’image devient plus critique. L’économie capitaliste apparaît comme une grande machine industrielle qui transforme tout en marchandise : le travail, la production, parfois même l’être humain. Le système fonctionne avec sa propre logique d’accumulation du capital et peut écraser les individus. Le travailleur risque de devenir un simple rouage dans un ensemble impersonnel qui le dépasse.
Dans les deux cas, même si le jugement est différent, l’économie est pensée comme un système presque autonome : soit une machine efficace qui produit la richesse, soit une machine impitoyable qui broie les hommes. C’est précisément cette image que Julie A. Nelson veut remettre en question.
Julie A. Nelson (née en 1956) est une économiste et philosophe américaine contemporaine, professeure à l’Université du Massachusetts Boston. Elle est connue pour ses travaux en économie éthique, en économie féministe et en économie écologique.
Elle critique la vision traditionnelle de l’économie comme un système purement mécanique, dominé par le profit, la concurrence et l’intérêt individuel. Dans son ouvrage Economics for Humans, elle propose de repenser l’économie à partir de l’être humain, de la vulnérabilité et du « care ».
Choisissez un stylo, puis sélectionnez dans le texte les passages qui relèvent de l’image de la machine ou de celle du cœur. Cliquez de nouveau sur le stylo pour le poser. Quand vous avez fini, comparez avec la lecture de référence.
Arrêtez-vous, regardez et écoutez. Le rythme que vous entendez n’est pas le tic-tac de l’horloge de l’économie, mais le battement du cœur économique.
Les métaphores sont puissantes. Nous aimerions croire que notre pensée obéit à des schémas subtils et complexes, mais en réalité, elle repose sur des images (visuelles ou tactiles) simples. L’image des engrenages mécaniques de l’horloge de l’économie – actionnés par les intérêts personnels, capables de créer un mouvement perpétuel, fonctionnant éternellement selon un plan prédéfini dans l’ombre, et que seuls les ingénieurs économistes formés aux mathématiques peuvent ajuster – est une image concrète et saisissable dont l’influence est indéniable.
Parmi les nombreuses autres métaphores qui pourraient évoquer la vie économique, celle du « cœur qui bat » me semble intéressante. Bon nombre des associations qui découlent de la perception du cœur en tant qu’organe circulatoire vital peuvent être aisément admises pour décrire l’économie. Le cœur véhicule la force vitale à travers le corps. De la même manière, l’économie est souvent envisagée sous la forme de flux circulaires qui maintiennent l’argent, les biens et les services en mouvement. Le cœur possède une structure physique particulière (valves et cavités) et un mode de fonctionnement régulier. Imaginer l’économie comme un cœur, c’est reconnaître qu’elle possède aussi des structures (institutions) et une régularité. Jusque-là, la métaphore ne fait appel qu’à des caractéristiques qui pourraient également être tirées des analogies traditionnelles associant l’économie et le cœur à des machines de pompage.
Mais puisque le cœur est un organe vivant et vital, et non une machine de pompage inanimée, cette métaphore nous apporte d’autres enseignements hautement pertinents. Un cœur battant est essentiel à la vie du corps, car il veille au transport de l’oxygène et des nutriments vers les cellules de l’organisme. De même, l’économie assure la circulation des ressources qui soutiennent et enrichissent la vie des individus et de la société.
En tant qu’entité vivante, le cœur économique a besoin de soins. Une alimentation et une activité adéquates lui assurent vigueur et santé. Or, les tentations étant nombreuses, cela ne se fait pas tout seul. Une certaine dose de vigilance et de discipline s’avère donc nécessaire. Même si nous n’apprécions pas particulièrement de manger des légumes ou de faire du sport, nous savons que c’est bon pour nous à plus long terme. De façon similaire, les entreprises voient souvent les réglementations comme un frein à leurs activités, et les gens ne sont pas ravis de payer des impôts. Mais si nous adoptons une vision à long terme et réalisons que nous sommes tous dans le même bateau, nous trouverons des moyens d’unir nos efforts pour rester « en forme ».
S’il est négligé ou maltraité, le cœur économique peut s’affaiblir, se boucher et dégénérer. Croire à tort que l’économie de marché est une machine autorégulatrice équivaut, en substance, à affirmer que le cœur n’a pas besoin de soins (et qu’il n’y a rien de mal à passer nos journées devant la télévision à manger des chips). Pourtant, sans les soins appropriés, le cœur économique est incapable de faire circuler l’argent et les biens. Lorsque l’argent et les biens s’accumulent dans des concentrations nocives, l’économie est alors menacée d’insuffisance « cardiaque » congestive. Aux États-Unis, les inégalités se sont fortement creusées. En 1965, la rémunération des dirigeants de grandes entreprises était vingt fois supérieure à celle des travailleurs moyens. En 2016, selon l’Economic Policy Institute, elle était 276 fois plus élevée. Cette concentration nuit à notre esprit de communauté, car elle creuse encore davantage le fossé entre les nantis et les démunis. Tandis que certains pans de l’économie sont menacés de crise cardiaque pour cause de gloutonnerie, d’autres sont coupés du flux de ravitaillement et voués au dépérissement et à la mort. Enfants abandonnés à la pauvreté et à une scolarité précaire, zones rurales livrées à la dépression et à la toxicomanie, villes suffocantes et rongées par le chômage, telles sont les nécroses insidieuses d’une économie malade. Pour soigner un cœur malade ou affaibli, il faut l’examiner, poser un diagnostic et lui prodiguer des soins. En tant qu’organe vivant, si sa maladie ou ses blessures s’aggravent ou s’il est privé des ressources dont il a besoin, le cœur peut mourir.
En tant qu’entité vivante, le cœur économique s’adapte et coévolue avec la culture, l’histoire, l’écologie et les institutions qui l’entourent. Tout comme le cœur d’un oiseau diffère de celui d’un mammifère, il n’existe pas d’économie universelle. Le cœur économique peut saigner, lorsque les conflits et les rapports de force pour l’accès aux biens entraînent une effusion de sang (au sens propre comme au figuré). Contrairement à une machine au mouvement perpétuel, un cœur a manifestement besoin d’énergie et de nutriments provenant de l’extérieur, c’est-à-dire de son environnement. Le cœur économique ne peut être maintenu en bonne santé lorsque la pollution s’accumule, que le niveau des océans monte, que les espèces meurent et que les ressources se dégradent et s’épuisent.
Mais le cœur est également le centre de l’amour. Comme l’illustrent un grand nombre de mythes et d’histoires, il est le siège de l’attention et de la compassion. De sa représentation systématique sur les cartes de Saint-Valentin au slogan « Ayez du cœur » des actions caritatives, le cœur symbolise l’attachement profond que nous ressentons les uns pour les autres.
L’image de l’économie comme un cœur qui bat peut donc être à la fois un symbole d’approvisionnement physiologique et un symbole d’attention, de respect et de vie morale et spirituelle. Dans ce schéma, le cœur en tant qu’organe physique évoque le « corps », tandis que son symbolisme culturel en tant que fondement de l’amour figure l’« âme ».
Enfin, le cœur est aussi le siège de la motivation et du courage. « Ne pas avoir le cœur à quelque chose », c’est ne pas être capable de trouver la force de le faire. « Haut les cœurs » est une formule d’encouragement. Dans l’image horlogère de l’économie, nous n’avons pas besoin de courage, car nous ne sommes que des rouages de la machine. Nous pouvons donc affirmer que c’est le système qui nous contraint à agir de telle ou telle façon. Dans l’image du cœur économique, en revanche, nous avons besoin de tout le courage possible, car nous devons assumer la responsabilité de nos actes.
L’image de l’économie comme un cœur qui bat non seulement réunit le corps et l’âme, mais nous incite aussi à agir contre les maux que sont la pauvreté, la faim, l’injustice, la consommation effrénée et la destruction de l’environnement. Étant donné qu’aucune machine ne peut soulager ces maux à notre place, c’est à nous qu’il incombe de veiller à ce que l’économie devienne vitale et bienveillante. Et il faudra avoir le cœur à l’ouvrage.
Nelson, J. (2018). Economics for Humans. Chicago and London: The University of Chicago Press, pp. 69–73. Traduction réalisée par AJT.
Le patient attend son diagnostic.
Dans ce passage extrait de Economics for Humans, Julie A. Nelson met en lumière les enjeux et les implications de la métaphore du « cœur qui bat » pour repenser l’économie. Voici les thèses principales :
Nelson dénonce la métaphore dominante de l’économie comme une machine horlogère (engrenages, mouvement perpétuel, régulation automatique), qui réduit l’économie à un système froid, prévisible, et géré par des experts techniques.
Cette vision déshumanise l’économie, la présente comme autonome, et justifie une approche purement mathématique et technocratique. Elle occulte la dimension vivante, sociale et morale de l’économie, et légitime l’idée que l’économie n’a pas besoin d’être « soignée » ou régulée par la société.
Nelson propose de remplacer la métaphore mécanique par celle du cœur, organe vivant, vital et interconnecté avec le corps social et l’environnement. Ceci nous oblige à repenser l’économie...
... comme système circulaire et vital :
... comme un système ayant besoin de soins et d’attention
Exemple : L’accroissement des inégalités aux États-Unis (passant d’un ratio de 20:1 en 1965 à 276:1 en 2016 entre les salaires des dirigeants et ceux des travailleurs moyens) est un symptôme d’« insuffisance cardiaque » économique : l’argent et les biens s’accumulent dans des concentrations nocives.
... comme un système vulnérable et dépendant de son environnement
Un cœur ne se soigne pas en une seule fois : il a besoin de soins réguliers, d’une « certaine dose de vigilance et de discipline », comme l’écrit Nelson. Chaque année, il fallait examiner le patient, poser un diagnostic et choisir des soins avec des moyens limités.
Nelson plaide pour une économie conçue non comme une machine, mais comme un organisme vivant, qui a besoin de soins, d’attention, de morale et de courage. Cette vision implique une responsabilité collective et une action politique pour prévenir les crises et promouvoir le bien être de tous.
Cette métaphore invite à se demander : comment concrètement « soigner » notre économie ? Quels sacrifices et quelles réformes sommes-nous prêts à accepter pour une économie plus juste et durable ?