Krone der Schöpfung, triebhaftes Raubtier oder vernunftbegabtes Mängelwesen? Von Darwin und der Bibel über Descartes und Nietzsche bis zu Arnold Gehlen: Die philosophische Anthropologie fragt danach, was den Menschen von allen anderen Lebewesen unterscheidet. Eine eindeutige Antwort gibt es nicht, aber die Auseinandersetzung mit den verschiedenen Positionen schärft den Blick auf das eigene Menschenbild.
Deux récits radicalement différents sur la provenance de l’être humain.
Choisissez
Discutons actuellement, un peu plus en détail, la lutte pour l’existence. (…) Nous contemplons la nature brillante de beauté et de bonheur ; mais nous ne voyons pas, ou nous oublions, que les oiseaux, qui chantent perchés nonchalamment sur une branche, se nourrissent principalement d’insectes ou de graines, et que, ce faisant, ils détruisent continuellement des êtres vivants ; (…)
Je dois faire remarquer que j’emploie le terme de lutte pour l’existence dans le sens général et métaphorique, ce qui implique les relations mutuelles de dépendance des êtres organisés, et, ce qui est plus important, non seulement la vie de l’individu, mais son aptitude ou sa réussite des descendants. On peut certainement affirmer que deux animaux carnivores, en temps de famine, luttent l’un contre l’autre à qui se procurera les aliments nécessaires à son existence.
Quelle influence a, sur la variation, cette lutte pour l’existence que nous venons de décrire si brièvement ? Le principe de la sélection, que nous avons vu si puissant entre les mains de l’homme, s’applique-t-il à l’état de nature ? Nous prouverons qu’il s’applique de façon très efficace. Si ce fait est admis, pouvons-nous douter que les individus possédant un avantage quelconque, quelque léger qu’il soit d’ailleurs, aient la meilleure chance de vivre et de se reproduire ? Nous pouvons être certains, d’autre part, que toute variation, si peu nuisible qu’elle soit à l’individu, entraîne forcément la disparition de celui-ci. J’ai donné le nom de sélection naturelle à cette conservation des différences et des variations individuelles favorables et à cette élimination des variations nuisibles.
Charles Darwin, L’origine des espècesDieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.
Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.
Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre.
Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.
Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.
Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.
La Bible, Genèse 11Quelle place l’homme occupe-t-il par rapport à la nature ?
2D’où vient l’homme, et quelle est sa nature, selon ce texte ?
3Quel principe organise le monde vivant ?
4Comment la vie est-elle décrite dans ce texte ?
5Quelle conclusion peut-on en tirer sur le sens de la vie et le statut de l’homme ?
Anthropologie — Etymologie
Le terme anthropologie vient de deux mots grecs : anthrôpos (Homme) et logos (science). L’anthropologie en tant que « science de l’Homme » est donc une branche philosophique qui étudie l’être humain sous tous ses aspects. L’anthropologie philosophique est donc une discipline de l’esprit qui vise à répondre à une question centrale.
Quelles sont, à votre avis, les différences entre l’Homme et l’animal ?
Quelles sont, à votre avis, les différences entre l’Homme et l’animal ? Citez au moins 4 exemples.
Texte de Ralph Linton
Les différences entre les hommes et les animaux sont aveuglantes, mais il semble qu’il s’agisse de différences quantitatives bien plus que qualitatives. Les hommes apprennent plus aisément, communiquent entre eux avec plus de facilité et d’efficacité, transmettent plus de comportements acquis de parents à enfants et possèdent des héritages sociaux plus divers que les animaux ; pourtant, sauf en ce qui concerne l’aptitude à communiquer des idées abstraites, nous ne pouvons guère détecter de différences intrinsèques ; chacune de ces caractéristiques, en effet, est telle qu’on pouvait s’attendre logiquement à ce qu’elle se rencontre chez l’homme, dans la mesure où elle résulte du développement régulier de tendances déjà existantes au niveau animal.
Ralph Linton, De l’homme, 1968Lettre au Marquis de Newcastle
Enfin, il n’y a aucune de nos actions extérieures, qui puisse assurer ceux qui les examinent, que notre corps n’est pas seulement une machine qui se remue de soi-même, mais qu’il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, excepté les paroles. […] Si on apprend à une pie à dire bonjour à sa maîtresse, lorsqu’elle la voit arriver, ce ne peut être qu’en faisant que la prolation de cette parole devienne le mouvement de quelqu’une de ses passions […]. Ce qui me semble un très fort argument pour prouver que ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu’elles n’ont aucune pensée.
A comparaison de la grande multitude des os, des muscles, des nerfs, des artères, des veines, et de toutes les autres parties qui sont dans le corps de chaque animal, considéreront ce corps comme une machine qui, ayant été faite des mains de Dieu, est incomparablement mieux ordonnée et a en soi des mouvements plus admirables qu’aucune de celles qui peuvent être inventées par les hommes. […] La parole est l’unique signe et la seule marque assurée de la pensée cachée et renfermée dans les corps.
Descartes, Lettre au Marquis de Newcastle du 23 novembre 1646Contexte. En 1646, Descartes répond au marquis de Newcastle, qui pensait que les animaux possèdent une certaine forme de pensée. Descartes défend au contraire sa thèse des animaux-machines : le corps d’un animal fonctionne comme un mécanisme, sans âme ni pensée.
1. Le critère de la parole. Observer le comportement extérieur d’un être ne prouve jamais qu’il pense : un corps peut « se remuer de soi-même », comme une machine. Un seul signe fait exception : la parole, c’est-à-dire la capacité d’exprimer ses pensées par des mots, librement et de manière adaptée à chaque situation.
2. L’exemple de la pie. Une pie peut apprendre à dire « bonjour » à sa maîtresse. Mais selon Descartes, ce n’est pas une vraie parole : le mot est seulement associé, par dressage, à une passion (par exemple l’espoir de recevoir à manger). La pie répète un son, elle ne dit pas ce qu’elle pense. La prolation (= l’émission, la prononciation) du mot n’est qu’un mouvement mécanique déclenché par un état du corps.
3. Le corps comme machine. Os, muscles, nerfs, artères : le corps animal est une machine extraordinairement complexe. Comme elle a été « faite des mains de Dieu », elle est bien plus parfaite que tous les automates fabriqués par les hommes. Cela explique pourquoi les animaux peuvent agir de manière étonnante sans penser.
Conclusion. « La parole est l’unique signe […] de la pensée. » Comme les bêtes ne parlent pas, Descartes en conclut qu’elles n’ont aucune pensée. Derrière cette idée se trouve son dualisme : l’être humain est composé d’un corps (une machine, comme chez l’animal) et d’une âme pensante, que seul l’homme possède.
Vocabulaire : prolation = prononciation · passion = état affectif provoqué par le corps (peur, faim, désir…) · machine / automate = mécanisme qui se meut sans pensée.
Friedrich Nietzsche
Die tieferen Menschen haben zu allen Zeiten gerade deshalb Mitleid mit den Tieren gehabt, weil sie am Leben leiden und doch nicht die Kraft besitzen, den Stachel des Leidens wider sich selbst zu kehren und ihr Dasein metaphysisch zu verstehen; ja es empört im tiefsten Grunde, das sinnlose Leiden zu sehen.
Wahrhaftig, es ist eine schwere Strafe, dergestalt als Tier unter Hunger und Begierde zu leben und doch über dies Leben zu gar keiner Besonnenheit zu kommen; und kein schwereres Los ist zu ersinnen als das des Raubtiers, welches von der nagenden Qual durch die Wüste gejagt wird, selten befriedigt und auch dies nur so, dass die Befriedigung zur Pein wird, im zerfleischenden Kampfe mit anderen Tieren.
Doch überlege man wohl: wo hört das Tier auf, wo fängt der Mensch an? Solange jemand nach dem Leben wie nach einem Glücke verlangt, hat er den Blick noch nicht über den Horizont des Tieres hinausgehoben, nur dass er mit mehr Bewusstsein will, was das Tier im blinden Drange sucht. Aber so geht es uns allen, den größten Teil des Lebens hindurch: wir kommen für gewöhnlich aus der Tierheit nicht heraus, wir selbst sind die Tiere, die sinnlos zu leiden scheinen.
Friedrich Nietzsche, Unzeitgemäße Betrachtungen, 1876Arnold Gehlen (1904–1976)
Arnold Karl Franz Gehlen (1904–1976) war ein deutscher Philosoph, Anthropologe und Soziologe. Er zählt mit Helmuth Plessner und Max Scheler zu den Hauptvertretern der Philosophischen Anthropologie.
Die Tendenz der Naturentwicklung geht nämlich dahin, organisch hochspezialisierte Formen in ihre je ganz bestimmten Umwelten einzupassen (…). Der Mensch dagegen hat, morphologisch gesehen, so gut wie keine Spezialisierungen. Er besteht aus einer Reihe Unspezialisiertheiten, die unter entwicklungsbiologischem Gesichtspunkt als Primitivismen erscheinen: Sein Gebiss z.B. hat eine primitive Lückenlosigkeit und eine Unbestimmtheit der Struktur, die es weder zu einem Pflanzenfresser- noch zu einem Fleischfressergebiss macht. Gegenüber den Großaffen, die hochspezialisierte Baumtiere mit überentwickelten Armen für Hangelkletterei sind, ist der Mensch als Naturwesen gesehen hoffnungslos unangepasst.
Er ist von einer einzigartigen […] biologischen Mittellosigkeit, und er vergütet diesen Mangel allein durch seine Arbeitsfähigkeit oder Handlungsgabe. D.h. durch Hände und Intelligenz; eben deshalb ist er aufgerichtet, „umsichtig“, mit freigelegten Händen.
Arnold Gehlen, Der Mensch – Seine Natur und seine Stellung in der Welt (1940)Interpretieren Sie folgendes Bild
Die Darstellung der menschlichen Organe proportional zur Anzahl der damit verbundenen Nervenzellen im Gehirn: überproportional gross sind die Hände, die Lippen und das Gesicht. (Modell des sensorischen Homunkulus, Natural History Museum, London.)
Je grösser ein Körperteil im Modell, desto mehr Fläche der Grosshirnrinde ist für seine Tastempfindungen zuständig. Fahre mit der Maus über die Hände, den Mund, die Ohren und die Genitalien (oder tippe sie an).
Ulrich Horstmann (*1949)
Ulrich Horstmann ist ein deutscher Schriftsteller und Literaturwissenschaftler. In seinem Buch Das Untier (1983) zeichnet er ein zutiefst pessimistisches Menschenbild. Im folgenden Text antwortet er ironisch auf Gehlens These vom „Mängelwesen“.
Welcher Vorteil, ohne dichtes Haarkleid oder Panzer zu existieren! Wie sonst hätte das Untier lernen sollen, sich hinter Schilde zu ducken, Rüstung und Harnisch zu schmieden, sich in armierten Fahrzeugen zu bewegen und schließlich aus dem gigantischen Außenskelett der Raketensilos seine jetzt dreistufigen Pfeile dem Angreifer bis auf dessen Heimatboden entgegenzuschleudern. […]
Welche Auszeichnung, ohne Angriffsorgane zu sein! Denn wie sonst wären im Kopf des Untiers die Generationen und Abergenerationen neuer Waffen gezeugt worden, gegen die die Zahnreihen eines Krokodils, das Horn eines Rhinozeros, das Gift der Viper wie Stümpereien eines überängstlichen Demiurgen (Weltenschöpfer) wirken. […] Welch ein Segen, als Instinktkrüppel auf die Welt zu kommen! Nein, wir sind keine Mängelwesen; wir sind überreich beschenkt mit Anlagen …
Ulrich Horstmann, Kein Mängelwesen, sondern Untier, aus: Treffpunkt Philosophie, 1999Sieben Antworten auf eine Frage
Der Mensch ist Teil der Natur, entstanden durch Evolution und natürliche Selektion: kein Sonderfall, sondern ein Ergebnis desselben Prinzips wie alle Lebewesen.
Der Mensch ist als Ebenbild Gottes erschaffen und zur Herrschaft über die übrige Schöpfung berufen: ein qualitativer Sonderstatus.
Die Unterschiede zwischen Mensch und Tier sind überwiegend gradueller (quantitativer), nicht wesentlicher (qualitativer) Natur.
Tiere sind seelenlose Maschinen ohne Denken und Sprache; der Mensch allein besitzt eine denkende Seele: eine strikt qualitative Trennung.
Der Unterschied liegt im Bewusstsein: Der Mensch begehrt mit mehr Bewusstheit dasselbe, was das Tier blind begehrt, bleibt aber meist selbst „Tier“.
Der Mensch ist biologisch ein „Mängelwesen“ ohne Spezialisierung: er kompensiert dies durch Hände, Werkzeuggebrauch und Intelligenz.
Der Mensch ist kein Mängelwesen, sondern ein „Untier“: Seine vermeintlichen Mängel machen ihn zum gefährlichsten aller Tiere, das seine Intelligenz zur Zerstörung statt zur Hilfe einsetzt.
Zum Weiterdenken: Alle sieben Positionen beantworten dieselbe Frage („Was ist der Mensch?“) auf grundverschiedene Weise: naturwissenschaftlich, religiös, graduell, dualistisch, existenziell, biologisch-kompensatorisch oder pessimistisch-ironisch. Welche Position überzeugt Sie am meisten, und warum? Vielleicht lässt sich die Antwort auch nicht auf eine einzige Perspektive reduzieren.